PROPOS RECUEILLIS PAR GILLES CONTRAIRE
> Quel bilan tirez-vous de la saison sur le plan sportif ?
« Nous terminons 7e sur 12, à un point du 6e, et donc des play off que nous avions joués l'an dernier (défaite contre Strasbourg) en vue d'une possible montée en Fédérale 1. Sauf que cette année nous étions pour la première fois dans la poule Ouest, une poule difficile. »
> Au point que, en début d'année, le maintien était loin d'être acquis...
« Oui c'est vrai. On a bien commencé (match nul contre la même équipe de Strasbourg) puis on a perdu des matchs de quelques points. Au final, il nous restait deux rencontres pour nous sauver. Sur le premier, que nous gagnons à Beaune, les joueurs ont fait un match magnifique, ils ont été exemplaires. Ensuite, on a gagné le dernier match à domicile, mais sans réussir à engranger le point de bonus pour que l'on puisse se qualifier pour les play off. »
> Déçu ?
> C'était votre ambition de départ ?
« Non, c'était d'être dans les quatre premiers. Le problème, c'est que l'on ne l'a peut-être pas suffisamment dit. Et puis il y a aussi eu une mésentente à un moment donné entre les deux entraîneurs sur la façon de coacher qui n'a pas simplifié les choses. »
> Qu'est-ce qui a manqué à l'OM cette année, selon vous ?
« Vous savez, je suis fier de mes joueurs mais il ne faut pas se leurrer. Regardez Lille qui a recruté à tout va. La vie d'un club, ce n'est pas qu'une question d'âme, il y a aussi l'aspect financier. »
> À ce sujet, quel sera votre budget la saison prochaine ?
« Il sera quasiment identique à celui de cette année. On était à 340 000 E, on espère 360 000 E grâce à l'arrivée de nouveaux sponsors. Enfin,on espère. »
> Et vos ambitions ?
« L'objectif est clairement indiqué : nous visons les quatre premières places la saison prochaine. Nous la préparons déjà. Déjà, nous n'aurons plus qu'un seul entraîneur, Philippe Maraval. Michel Dossche, que j'aurais bien voulu garder dans le comité technique, a accepté une proposition de Tourcoing. Je ne pouvais pas assumer financièrement. Il y aura donc un seul patron. Je pense que c'est important. Il faudra aussi valoriser l'équipe B car ces joueurs ont vocation à jouer en A. Il y aura peut-être, aussi, une nouvelle approche de l'entraînement, de manière à mettre les joueurs dans les meilleures conditions. »
> En clair, vous visez l'accession à la Fédérale 1...
« Vous savez, on a dû beaucoup sourire quand on disait que nous voulions monter en Fédérale 2 il y a quelques années. Nous, on prend notre temps mais oui, nous visons la Fédérale 1 dans les deux-trois ans ».
> Encore une fois, la question financière va se poser...
« On n'est pas fous. Un budget de Fédérale 1, c'est 900 000 E. La question, c'est de faire venir à nous des partenaires privés, leur faire sentir que les valeurs du rugby sont celles des gens du Nord. Le problème, c'est que si l'on avait autant de terrains que dans le sud-ouest, il y aurait beaucoup plus de monde à pratiquer et à regarder. Je suis certain qu'il y a un réel potentiel dans la région. à Marcq, nous avons un club de 600 licenciés, dont 400 jeunes. On a une carte à jouer. Le seul écueil que nous avons aujourd'hui, c'est la situation économique. Nous avons deux-trois sponsors qui risquent de nous quitter pour cette raison. »
> Reste l'aide de la ville...
« Nos relations sont au beau fixe, la subvention est passée cette année de 48 000 à 65 000 E, sans compter l'aide technique. Mais pour la suite, elle ne pourra pas suivre, le maire me l'a dit. C'est pourquoi ils m'ont invité à travailler sur un projet d'intercommunalité intelligent. »
> Il consisterait en quoi ?
« La ville ne pourra pas faire plus, il faut accepter de s'ouvrir à d'autres communes. Pourquoi ne pas rencontrer les maires de Bondues, de La Madeleine, Wambrechies ou encore Mouvaux ? Il y a peut-être la possibilité que des terrains de ces villes puissent accueillir du rugby. Des formations pourraient être proposées. On travaille dessus. Cette intercommunalité, ce serait aussi des demandes de subventions. L'idée, c'est de s'ouvrir, notamment aux jeunes de ces communes. Une catégorie d'âge pourrait par exemple s'entraîner dans une de ces villes. J'ai déjà rencontré il y a deux mois l'adjoint aux sports de La Madeleine, qui m'a réservé un accueil favorable (1) Nous sommes à un tournant dans la vie du club. Soit on continue modestement, soit on se développe. Si on se rend compte que les sous n'arrivent pas, on fera marche arrière, c'est tout. » •
> (1) Interrogé mardi sur le sujet, Sébastien Leprêtre, le maire de La Madeleine, se montrait plutôt réservé. « On a un club de handball La Madeleine-Wattignies, donc c'est possible mais il faut faire attention au doigt dans l'engrenage », juge l'élu. En clair, « on chiffre, on regarde, on décide ».









